Usage antidépresseur pendant la grossesse lié aux troubles de la parole et du langage

Une étude publiée dans JAMA Psychiatry a conclu que les nourrissons nés de mères qui utilisent des inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS) pendant la grossesse sont plus à risque de troubles de la parole et du langage pendant l’enfance.1

 

Résultats de l’étude

L’étude de cohorte d’observation, dirigée par Alan S. Brown, MD, MPH, professeur de psychiatrie et d’épidémiologie au Columbia University Medical Center, a étudié si l’utilisation des ISRS par la mère pendant la grossesse influencerait les capacités langagières, motrices ou scolaires des enfants.

 

Le groupe a analysé les données du registre basé sur la population de 56 340 enfants finlandais nés entre 1996 et 2010. Les enfants ont été divisés en 3 groupes:

Groupe 1: Enfants nés de mères diagnostiquées avec des troubles psychiatriques liés à la dépression qui ont acheté des ISRS au moins deux fois pendant la grossesse (n = 15 596)

Groupe 2: Enfants nés de mères diagnostiquées avec des troubles psychiatriques liés à la dépression et n’ayant pas acheté d’ISRS pendant la grossesse (n = 9537)

Groupe 3: Enfants nés de mères sans antécédents de troubles psychiatriques liés à la dépression ou achetant des ISRS (n = 31,207)

 

Après avoir suivi les enfants pendant 14 ans, les auteurs ont constaté que les enfants du groupe 1 présentaient un risque plus élevé de troubles de la parole et du langage de 37% et 63% que les enfants des groupes 2 et 3, respectivement. Il n’y avait aucune différence entre les groupes dans les capacités motrices ou scolaires.

 

Statistiques connexes

Cette étude publiée à la suite d’une étude suédoise montrant que les nouveau-nés de mères exposés aux ISRS durant la grossesse sont plus susceptibles d’avoir besoin de soins néonatals2 et une étude canadienne montrant un risque accru d’autisme chez les enfants ayant pris des ISRS pendant la deuxième ou la deuxième troisième trimestre3 & mdash; souligne le besoin d’éduquer les femmes enceintes sur les risques potentiels de prendre ces médicaments. Une étude plus approfondie est certainement justifiée.

 

Bien que les scientifiques soient en désaccord sur le nombre de femmes prenant des antidépresseurs pendant la grossesse, il ne fait aucun doute que certaines femmes enceintes les prennent. Le pourcentage d’Américains âgés de plus de 20 ans prenant des antidépresseurs a presque doublé entre 1999 et 2012.4

 

Implications

La question de savoir s’il faut continuer à prendre des ISRS ou d’autres antidépresseurs pendant la grossesse doit être résolue au cas par cas. Bien que la psychothérapie puisse être un outil de traitement efficace pour les personnes souffrant de dépression légère à modérée, pour les personnes souffrant de dépression plus sévère, l’arrêt des antidépresseurs peut finalement causer plus de mal. Les troubles psychiatriques non traités ou sous-traités peuvent avoir des conséquences désastreuses tant pour la femme que pour son enfant. Il incombe donc au praticien d’engager une discussion avec les patientes enceintes sur toutes les options de traitement possibles de la dépression.